Traiter les pensées négatives indésirables en modifiant les souvenirs ?

La recherche de pointe explore comment les souvenirs peuvent être modifiés après le rappel.

Un espoir pour traiter des pensées négatives indésirables pourrait provenir de nouvelles techniques qui peuvent altérer des souvenirs vifs établis depuis longtemps. Ce type de pensées sont des composantes centrales dans des troubles comme les addictions et le trouble de stress post-traumatique (TSPT).

Dans le TSPT, les individus subissent fréquemment des intrusions provenant de souvenirs traumatisants, par exemple, une accident de voiture ou un autre événement violent. Dans les addictions, le comportement des individus est fortement influencé par des souvenirs de la prise de substances et cela motive des actions futures. Ce sont des versions plus extrêmes de pensées courantes comme des flashbacks de moments embarrassants ou d’autres épisodes douloureux que nous avons expérimentés.

Mais que se passerait-il s’il était possible d’ajuster des souvenirs d’un traumatisme ou d’utilisation de substances ?

Selon une nouvelle review des preuves, publiée dans le journal de Psychiatrie Biologique, il serait possible de cibler plus efficacement une partie du processus d’apprentissage appelé “reconsolidation” (Schwabe et al., 2014).

La figure ci dessous montre le processus typique d’apprentissage, depuis le souvenir initial – par exemple, un événement traumatisant – jusqu’à sa récupération et son altération.

reconsolidation1

La reconsolidation est le point où un souvenir stocké est rappelé et, d’après une recherche récente, c’est ici le point où l’on peut intervenir. Pendant la phase de reconsolidation, les souvenirs deviennent particulièrement instables, et donc plus faciles à changer. Des souvenirs pourraient être même modifiés des années après qu’ils aient été initialement fixés.

Cela est effectivement ce que plusieurs thérapeutes essaient de faire lorsqu’ils traitent des patients qui subissent des pensées intrusives indésirables. Les patients sont encouragés à rappeler un souvenir, mais ensuite le thérapeute essaye d’ajuster la réponse à ce souvenir. Malheureusement, le souvenir original est souvent tellement fort qu’il est très difficile de changer la réponse.

Cependant, avec une nouvelle compréhension du rôle de la reconsolidation, il serait possible de rendre ce processus plus efficace. Cela nécessite de lier les connaissances neurobiologiques de la reconsolidation avec des pratiques cliniques quotidiennes.

La recherche chez les individus souffrant d’un TSPT a commencé, toutefois, à montrer que l’utilisation de certaines substances pendant la reconsolidation peuvent aider à anéantir des pensées traumatisantes.  

Le Dr. Lars Schwabe, l’auteur principal de l’étude a affirmé  :

“la reconsolidation en mémoire est sans doute parmi les phénomènes les plus passionnants de la neuroscience cognitive actuelle. Cela suppose que les souvenirs peuvent être modifiés une fois qu’ils sont récupérés, ce qui peut nous donner une grande opportunité de changer de souvenirs indésirables, robusts en apparence”.

Source : article sur le site web Psyblog

Image : Zoltan Horlik

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